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Les mots sans le son


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Non, je parle de l'écriture personnelle, de ce mouvement qui va de l'intérieur vers l'extérieur pour exprimer ce qui s'est imprimé en soi - écrire pour dire son expérience, ses rêves, écrire pour dire son désir, l'attraper dans le filet des mots comme un poisson gigotant.
Celle que vous croyez, de Camille Laurens
Ecrire pour ne rien dire

(Non, désolée, c'est pas un résumé de la rencontre entre gens de joueb)

Ecrire pour ne rien dire, ça je sais faire.

"Ce soir quand tu rentres tu m'écris un roman de 4 pages Word, caractère 8 et sans sauter de lignes sinon c'est d'la triche et t'auras un gag"

C'était y'a longtemps.
Mon ami aux cheveux noirs et bouclés qui m'appelait grande soeur.
Il aimait bien me lancer des défis.
J'ai toujours adoré les défis.

A peine posé mon cartable, je sautais sur mon clavier d'ordinateur et je commençais à frapper le plus de conneries possibles, tête baissée sur mes doigts qui couraient plus vite que ma vie elle-même.

Et c'était du grand n'importe quoi, c'était de la futilité dans toute sa splendeur.
Mais fallait pas le décevoir, et fallait l'faire rire.

Alors j'allais loin dans mes histoires, j'avais 13 ans et je passais mes soirs à écrire le plus vite possible, ça me fascinait, le cliqueti et tous les mots qui apparaissent presque aussi vite que mes pensées, matérialisées, je pouvais dire n'importe quoi et ça prenait vie devant moi, des scénarios bidons, le moment où j'ai ouvert la porte de mon frigo pour boire une gorgée de lait, et malheur, c'était du lait de soja, et tout le poid d'une trahison amer qui coulait dans ma gorge, et mon regard accusateur sur la bouteille en carton rouge qui plaidait non coupable, et combien je me suis jurée que plus jamais je ne boirais du lait de soja de toute ma vie, non mais oh, et comment c'était possible de vendre des trucs aussi dégueulasse, non mais vraiment.

Et j'arrivais à la fin de ma première page Word, des fautes d'orthographe partout et la sueur au front, je riais un bon coup, je reprenais mon souffle, et je continuais, allez, mon trajet dans le métro maintenant, comment l'écrire pour que ça soit le plus drôle possible ?

(Faire rire, et pourtant et pourtant)
(Faut pas relire les trucs du passé ça rend nostalgique)

Ecrire pour ne rien dire, je sais faire, c'est pas dur, au contraire.
(Mon refuge, ma pudeur)
Le plus dur, c'est d'écrire sur soi vraiment.

J'écris tout le temps, sans arrêt, non stop, les gens trouvent que j'écris trop alors que j'ai l'impression de n'avoir jamais tout dit, parce que la vie est une rivière qui coule à flot sans jamais s'arrêter.

J'écris sans arrêt mais je publie rarement.
Je blog depuis bientôt 4 ans et j'y pense souvent, j'essaye de faire naitre un sens, un but à mes histoires, mais bien souvent je suis perdue, perdue dans mes flots de pensées et de sentiments incertains, je me trouve stupide, je doute sans arrêt, je ne sais plus pourquoi, à quoi bon, qui je suis en fait ?, et et et et ...

Rester légère, drôle, avoir l'air de la fille niaise qui ne pense qu'à se tourner en dérision ?

Ou faire ressortir le grave, le "sérieux", le sombre qui embrume mes pensées ? Ou juste raconter ma vie telle quelle, puisque tout le monde à l'air de dire que "comparé à toi mes problèmes c'est rien du tout" (comment on encaisse ce genre de phrases ? J'me demande j'me demande) puisqu'une amie m'a encore dit hier "avec tes histoires de famille tu pourrais écrire un roman noir" ... (dur dur)

(Je ne m'aime pas, c'est le psy qui me l'a fait comprendre, je ne m'aime pas, elle est tragique cette phrase, il suffirait de trois fois rien pourtant, effacer un "ne" et un "pas", et pouf, réconciliée, mais l'écriture réaliste ne sait pas mentir)
(Pas envie de me plaindre, c'est pas original et ça plonge les autres dans leur propre pensées sombres)

Je ne connais rien de plus troublant que d'écrire.
Rien de plus difficile que d'écrire juste.

J'ai rencontré des tonnes de gens grâce à cette plateforme virtuelle, j'ai rencontré l'amitié, l'amour, le réconfort, les rires, la tristesse.

Les autres, ceux qui aiment écrire aussi et qui partagent avec moi leur intimité, avec une fausse pudeur, et moi j'adore ça, plonger au coeur de gens, encore encore !
Puisqu'on ne connait jamais mieux les gens qu'en les lisant.

Je voudrais pouvoir écrire sans jamais me poser les questions qui freinent, -et si, et si, et si- mais elles sont là et j'écris peu ...
("PEU" ?? T'as vu la taille de tes articles ??)
Bon, voui, c'est sûrement vrai.

(Vite vite, j'ouvre un bloc note et je confie ma vie, sans lecteurs, sans début sans fin, sans limite, comme la vie, chaotique et dépourvue de sens, et pourtant j'en cherche du sens, j'en cherche des raisons d'exister et d'ouvrir les yeux chaque matin, parfois j'en trouve, le chocolat l'amour la musique, et puis ça s'écroule, et puis et puis ...)

Je m'autocensure.

Bientôt 4 ans et je pense souvent à ce blog, souvent je voudrais faire comme les autres, créer un autre espace, recommencer une nouvelle page, anonyme, sans nom, "c'est pas moi, c'est mon moi fictif, qui écrit n'importe quoi, qui divague et qui romance pour que ça paraisse plus joli, plus lisse, pour la cohérence surtout", tout fermer, tout quitter, adieu, je suis venue et j'ai disparu.

Souvent je voudrais, au contraire, alimenter des pages et des pages, ne pas prêter attention aux yeux qui risquent de passer sur mon intimité, puisqu'après tout, c'est vrai, on est tous pareil, je ne suis personne de plus que les autres, on a tous les mêmes douleurs, peurs, on se reconnait on se retrouve dans tous ces gens-miroirs, genre moi aussi un jour j'ai été Madame Bovary, j'ai été Romain Gary et j'ai été Philippe Djian, mais j'ai aussi été Joumana, Ryne, Ninou, Songe, Anarph, Kei, Ciorale (et les autres !) je le suis toujours quelques part, ces gens qui résonnent en moi, et si moi aussi je résonnais en les autres ?

Parfois je me dis que ça n'est peut-être pas ici le lieu idéal.
(Impossible, j'aime trop Joueb, c'est trop cool, JOUEB FOREVER ! Ahem)

Qu'est-ce que j'ai à offrir, si ce n'est des repères à ceux qui se reconnaitrons peut-être en moi, des mots qu'on m'a offert quand je me sentais perdue et que je voudrais offrir à mon tour, des mots sur des émotions troubles, mais souvent j'ai peur, "et si je m'éloignais trop ? et si plus personne ne peut se lire en moi ?" alors je me sentirais trop seule, fantomatique, loin, étrangère aux autres, ça fait peur quand même, mais j'y pense souvent, "et si ma folie intérieure allait trop loin ?"

(La solitude intérieure est trop dure à supporter. Je m'en fous que mon lit soit froid, je m'en fous que ma peau oublie les caresses, mais ne plus être comprise, non, c'est le plus dur)

(D'habitude je n'aime pas écrire mes pensées ici, j'aime écrire des récits, des trucs concrets avec des gestes et des gens qui bougent comme si on les voyait, l'écriture réaliste ou rien, parce que mes pensées ne sont pas cohérentes, parce que c'est dur de faire le point, c'est plus facile de raconter, c'est plus simple de peindre un soir, une nuit, une semaine de vie que d'essayer de tracer ses pensées nettement sur la page)

Je ne sais plus écrire court.
Et puis, faut que je raconte mes deux dernières semaines, et le weekend avec vous, mais y'a tellement à dire, de tellement de façons possibles que, mince.

La panne.

Désolée. En plus c'est même pas romantique, j'aurais pu faire ça au bord d'une rivière et on se serait promené en écoutant le bruit de l'eau et du vent (les plus fou auraient proposé une orgie oui c'est bien ça)

J'me sens stupide, paumée, inconstante et parfois même irréelle, j'ai le don de tout compliquer, j'ai le don de vivre trop de choses à la fois et ne pas savoir faire de pause.

Je sais pu m'ennuyer, je sais pu comment on fait, mais tout compliquer, ça, je sais faire.

J'vous aime.

Ecrit par aphone
le Lundi 22 Février 2010
à 15:14



Commentaires :

  penseeenvrac
22-02-10
à 22:32

comme à chaque fois je ne vais pas au bout de tes lignes (oui tu écris trooopp!), mais j'aurai aimé que tu commentes la rencontre joueb pour la voir à travers tes yeux, tes yeux qui ont brillé toute la soirée.

c'est bien d'écrire pour ne rien dire, au fond même quand on raconte nos peines, c'est pour ne rien dire, on ne fait que mettre sur le papier nos peines, et ça nous calme pour un temps, souvent...

à bientôt j'espère.

(demande mon numéro a lililou)

  aphone
23-02-10
à 02:11

Re:

Mince, même là j'ai trop écrit ?? Pfff, j'crois que j'suis pu faite pour blogger, j'sais pu écrire court =/
(Et c'est frustrant de se retenir d'écrire)

T'inquiète je vais écrire un truc sur la soirée, et même le WE entier !
(Mais faudra pas te plaindre si c'est un chouia long hein !)
(Enfin, j'vais essayer de bien raconter, y'a un moment où j'ai commencé à être bourrée et c'était pu très clair, j'sais même pu quand t'es partie)

Ahem.

Trop contente de t'avoir vu en tout cas, t'es trop cool !
(Dommage que tu sois pas repartie chez toi après)
A bientôt =)

  ecilora
23-02-10
à 14:06

Tu sais que ton titre, il me plaît bien et ce pour plusieurs raisons! (attention deux points, sortez les tirets, j'explique). Je me suis souvent demandée quand j'étudiais Maupassant, Balzac ou Apollinaire, si vraiment, en écrivant, tous ces sens qu'on donnait à leurs mots leur étaient connus. Je ne suis toujours pas sûre de ma réponse. Je suis juste sûre que ça m'a valu quelques haussements de sourcils. Et des expressions perplexes. On a beau ne rien vouloir dire, les mots parlent d'eux-même. Et c'est peut-être pour ça que chacun d'entre nous se reconnaît aussi facilement dans les mots des autres. On lit. Et on entend aussi.
Et puis ce titre, il m'a fait sourire tellement il pourrait être aussi "des mots sans le son". C'est presqu'une mise en abyme dis donc. Tu y avais pensé? Ou alors j'extrapole et je faire dire quelque chose à tes mots? Écrire pour ne pas le dire, aussi. Jouer avec les sens et démanteler les expressions. Quelques mots et des milliers de chemins, de destinataires.
moi j'aime tes longs articles. Parce que j'y reviens sans cesse, sûre qu'il y a toujours un passage que j'ai oublié. Et quand je n'ai pas le temps de tout lire en une fois, j'y reviens, comme une nouvelle rencontre.
(Tu m'as fait écrire un pav, tu vois, c'est pas si mal. Mon commentaire fait la taille de mes articles, voire même plus...)
Plein de bisous.


  aphone
24-02-10
à 00:15

Re:

Tu m'as fait rire, avec la fin, ton com' aussi long que tes articles =p

Merci merci merci, pour ces mots ici et sur MSN.

Non j'avais pas pensé à la mise en abyme =)

J't'embrasse !!!

  ode
23-02-10
à 16:33

ça pourai etre pire tu pourais etre une rousse caché!!!

;)


  aphone
24-02-10
à 00:12

Re:

Chuuuuuuuuuuuuuute-euuuuuuuh ! =))

  ode
24-02-10
à 23:44

Re:

oups j'en ai trop dit!!!

;)


  aphone
25-02-10
à 03:22

Re:

Ahahah =))



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